Au moins 33 féminicides depuis le début de l’année en Belgique – Al minstens 33 femicides sinds het begin van het jaar in België.

(Nederlandse versie onderaan)

…c’est proportionnellement deux fois plus qu’en France !

 

Depuis le début de cette année jusqu’à ce jour, au moins 33 femmes ont été victimes de féminicides, assassinées parce qu’elles sont des femmes dans une société machiste[1]. Elles s’appelaient Laura, 21 ans, d’Etterbeek ; Colette, 68 ans, de Mons ; Inge, 55 ans, de Lanaken ; Negeen, 30 ans, de Hasselt ; Marie-Hélène, 45 ans, de Cerfontaine ; Youlia, 19 ans, de Kortrijk ; … De tous âges, de toutes régions, de toutes origines et milieux sociaux, leur point commun : avoir été tuées par un homme qui voulait les dominer, les contrôler ou littéralement les détruire.

Les assassins aussi ont des profils variés. Il s’agit majoritairement (25 cas) du compagnon ou de l’ex-compagnon de la victime qui, pour 2 d’entre-eux, ont aussi assassiné leur belle-mère présente sur les lieux. 1 femme a été tuée par son neveu, 1 autre par un voisin et 4 autres, dont 2 prostituées, par un homme qui leur était inconnu. D’après ce qu’en dit la presse, si certains assassins (3) paraissaient sympathiques aux yeux de leur entourage, 12, soit 1/3, avaient un comportement violent déjà dénoncé par leur victime, dont une minorité seulement (3) était sous l’influence de stupéfiants, et certains (3) avaient déjà été condamnés auparavant pour violences conjugales. En 2017, 39 féminicides avaient été recensés en Belgique, soit, proportionnellement à la population de nos pays respectifs, 1,5 fois plus qu’en Espagne ou 2 fois plus qu’en France[2] !

Le féminicide est l’expression extrême des rapports de domination des hommes sur les femmes !

Si la responsabilité individuelle des assassins est indéniable et inexcusable, ils ont tous agi dans le contexte d’une société qui banalise et conforte les rapports de pouvoir des hommes sur les femmes, une société qui permet donc la survenance de violences machistes qui, dans leur forme extrême, se traduisent par ces assassinats.

En effet, s’il n’est « pas grave » de siffler une inconnue en rue, si les hommes ont des « besoins sexuels irrépressibles », si frapper sa compagne est « une affaire privée », si « l’humour » ou « l’art » justifient les stéréotypes sexistes, si les femmes n’ont « pas leur place » dans certains espaces ou à certains moments de la vie sociale, pourquoi un homme se priverait-il d’exprimer sa supériorité face à une femme, d’en faire sa chose à la disposition de ses désirs, de la rabaisser jusqu’à l’écraser et à l’anéantir ? C’est ainsi que toutes les femmes continuent à être exposées à l’une ou l’autre forme de violences machistes dans leur vie (conjugales, sexuelles, harcèlements dans l’espace public, économiques, institutionnelles, …), avec des répercussions inévitables sur leur santé, leur autonomie, leurs droits. Et c’est ainsi que, chaque année, le décompte macabre des féminicides reste dramatique. Les comportements individuels et collectifs portent donc une part de responsabilité mais les institutions et pouvoirs publics ne sont pas en reste.

La Belgique respecte à peine 20% de ses obligations en matière de lutte contre les violences machistes !

Depuis plus d’un an, une cinquantaine d’associations féministes actives contre les violences faites aux femmes et de services spécialisés accompagnant les victimes ou les auteurs mettent en commun leurs constats de terrain qui contrastent fortement avec les communications officielles sur l’état de la lutte contre les violences en Belgique. Peu sollicitées par les pouvoirs publics pour l’élaboration des politiques en la matière, ces organisations se sont attelées à la rédaction d’un rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, premier texte international contraignant sur les mesures à mettre en œuvre pour la prévention de toutes les formes de violences faites aux femmes, la protection des victimes et la poursuite des auteurs[3].

Ce rapport démontre que la Belgique respecte mal ou pas du tout 80% des articles de cette Convention. Les organisations soulignent en particulier des approches variables des violences faites aux femmes, peu de mesures structurelles et pas toujours pertinentes en regard des besoins sur le terrain et une absence de budget spécifique, suffisant et transparent. Cela a des conséquences importantes sur les pratiques et modes d’interventions qui s’avèrent aléatoires, parfois contradictoires, inutiles voire dangereux pour les victimes dans des domaines aussi variés que la prévention, la formation des professionnel-le-s, l’hébergement, la protection, le soutien et l’accompagnement des victimes et des enfants exposés, l’accès aux droits particulièrement pour les femmes les plus vulnérable ou encore les poursuites judiciaires[4].

Face à ces constats, les organisations spécialisées appellent à ce que la Belgique respecte ses engagements en faisant de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité systématique dans une politique intégrée impliquant tous les niveaux de pouvoir en collaboration étroite avec les organisations de terrain de façon à changer en profondeur les pratiques et adapter au mieux les moyens, y compris budgétaires.

Parce qu’on ne peut plus dire qu’on ne savait pas, on ne peut plus laisser faire, une manifestation nationale s’organise ce 25 novembre !

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, des mobilisations féministes sont organisées partout dans le monde. En Belgique, plusieurs dizaines d’organisations appellent à une manifestation nationale ce jour-là à Bruxelles[5] dans une démarche solidaire avec la dynamique féministe internationale. En soutien aux interpellations soulevées par le rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, cette mobilisation appelle les pouvoirs publics à renverser la vapeur des politiques d’austérité, du racisme et du sexisme pour prendre les mesures nécessaires afin de garantir l’autonomie et la sécurité de toutes les femmes avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, quelle que soit leur origine, leur âge ou leur orientation sexuelle.

L’année passée, cette initiative avait déjà rencontré un succès important en rassemblant, pour la première fois, plus de 3.000 personnes. En 2018, les organisations féministes et leurs soutiens espèrent mobiliser davantage, en s’appuyant sur une meilleure prise de conscience, dans l’opinion publique, de l’ampleur des différentes formes de violences machistes grâce aux nombreuses femmes qui les dénoncent.

Annexes :

  • Résumé du rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul et contacts presse autour des enjeux soulevés
  • Appel à la mobilisation contre les violences faites aux femmes autour du 25 novembre 2018

Contacts presse : stopfeminicide@gmail.com

[1] En l’absence de chiffres officiels, ce recensement est réalisé sur base de la presse en ligne par des associations féministes depuis 2017, pour « rendre hommage aux victimes et, à travers elles, aux milliers de victimes des violences machistes qui y survivent au quotidien » mais aussi pour « mettre des visages sur ces chiffres et faire pression sur les pouvoirs publics ». En 2017, 39 féminicides ont été recensés.

[2] Sur base des chiffres des féminicides en 2017 : 39 en Belgique (11 millions d’habitant-e-s) ; 99 en Espagne (46,5 millions d’habitant-e-s) et 109 en France (67 millions d’habitant-e-s).

[3] Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, dite Convention d’Istanbul, a été ratifiée par la Belgique en 2016. Un rapport officiel sur la mise en œuvre de cette Convention doit être remis par l’Institut pour l’Egalité entre Femmes et Hommes en 2019 et la société civile a la possibilité de déposer en même temps un rapport alternatif sur base de ses constats de terrain.

[4] Le rapport alternatif est davantage qualitatif que quantitatif. Il rapporte des situations concrètes rencontrées par les organisations de terrain à propos des dysfonctionnements dénoncés. Il énumère aussi une série de recommandations pour remédier à ces problèmes. Le rapport intégral sera rendu public début 2019 mais les organisations qui y ont contribué sont disponibles pour approfondir l’un ou l’autre aspect présenté dans le résumé du rapport ci-joint.

[5] Départ à 14h au palais de justice de Bruxelles; Cette action est organisée par Mirabal (www.mirabalbelgium.org) une plateforme fédérée autour de l’organisation pratique de la mobilisation nationale du 25 novembre. Cette année, Mirabal supporte les interpellations soulevées par le rapport alternatif à la mise en œuvre de la convention d’Istanbul rédigé par les organisations féministes et services spécialisés. L’appel 2018 est disponible en version électronique ici

 

…Dat is verhoudingsgewijs twee keer zoveel als in Frankrijk!

 

Sinds het begin van dit jaar zijn er ten minste 33 vrouwen het slachtoffer van femicides, moorden die gepleegd worden op vrouwen omdat ze vrouw zijn en niet voldoen aan bepaalde, verwachte rolpatronen in een patriarchale maatschappij. Hun namen zijn Laura, 21, uit Etterbeek; Colette, 68, uit Bergen; Inge, 55, uit Lanaken; Negeen, 30, uit Hasselt; Marie-Hélène, 45, uit Cerfontaine; Youlia, 19, uit Kortrijk; … van alle leeftijden, van alle regio’s, van alle culturele en sociale achtergronden, maar met één gemeenschappelijke punt: te zijn gedood door een man, door masochistisch geweld.

De moordenaars hebben ook gevarieerde profielen. Toch betreft het, in de overgrote meerderheid (25 van de 33) van de situaties, de partner of ex-partner van het slachtoffer. 2 Onder hen vermoordden ook hun schoonmoeder, die ter plaatse aanwezig was. 1 Vrouw werd gedood door haar neef, 1 door een buurman en 4 anderen door een man die zij niet kenden. Hoewel sommige daders (3), volgens de persberichten die verzameld werden op de blog stopfeminice, sympathiek overkwamen voor hun omgeving, hadden 12 van hen (of 1/3) reeds gewelddadig gedrag vertoond dat al aan de kaak gesteld werd door hun slachtoffers. Slechts een minderheid (3) was onder invloed van verdovende middelen en sommige (3) waren eerder veroordeeld voor huiselijk geweld. In 2017 werden 39 femicides geïdentificeerd in België, dat wil zeggen, in verhouding tot de bevolking van onze respectieve landen: 1,5 keer meer dan in Spanje of 2 keer meer dan in Frankrijk!

Femicide is de meest extreme uiting van dominantie van mannen over vrouwen!

Hoewel de individuele verantwoordelijkheid van de daders onbetwistbaar en onvergeeflijk is, handelden ze allemaal in de context van een samenleving die de machtsverhoudingen van mannen over vrouwen bagatelliseert en versterkt, een samenleving die het optreden van masochistisch geweld toestaat dat, in een extreme vorm, zich vertaalt in deze moorden.

Sterker nog, wanneer het nafluiten van een onbekende op straat nog steeds beschouwd moet worden als « een compliment« , wanneer nog steeds aangenomen wordt dat mannen « oncontroleerbare seksuele behoeften » hebben, wanneer partnergeweld « een privé-aangelegenheid » blijft, wanneer « in naam van de vrije meningsuiting » of « in naam van de kunst  » seksistische stereotypen gerechtvaardigd worden en wanneer tot slot vrouwen nog steeds « niets te zoeken hebben » in bepaalde (politieke en publieke) ruimtes of geen plaats hebben binnen het sociale leven, waarom zouden mannen hun priviliges en dominante posities dan aan de kaak stellen? Het is echter op deze manier dat alle vrouwen continu blootgesteld blijven aan een of andere vorm van masochistisch geweld in hun leven (relationele, seksuele intimidatie in de openbare ruimte, economische, institutionele, …), en dit met onvermijdelijke gevolgen voor hun gezondheid, hun autonomie en hun rechten. Individueel en collectief gedrag heeft dus zeker een invloed op het in stand houden van de patriarchele samenleving, maar ook op institutioneel en overheidsniveau moet er verantwoordelijkheid opgenomen worden om tot verandering te komen.

Mirabal stelt dat de Belgische overheid slecht 20% van haar verplichtingen nakomt binnen de strijd tegen geweld tegen vrouwen !

Al meer dan een jaar delen zo’n vijftig feministische verenigingen die actief zijn tegen geweld tegen vrouwen en gespecialiseerde diensten die slachtoffers of daders begeleiden, hun bevindingen op grond van het feit dat dit in schril contrast staat met officiële mededelingen over de toestand van de strijd tegen geweld in België. In die zin, begonnen deze organisaties met het opstellen van een alternatief rapport over de uitvoering van het Verdrag van Istanbul, de eerste bindende internationale tekst over de te nemen maatregelen. voor de preventie van alle vormen van geweld tegen vrouwen, de bescherming van slachtoffers en de vervolging van daders.

Volgens Mirabal toont dit rapport aan dat België überhaupt 80% van de artikelen van deze Conventie niet respecteert. In het bijzonder wijzen organisaties op de verschillende manieren waarop geweld tegen vrouwen benaderd wordt, het tekort aan structurele maatregelen die dan ook nog eens niet altijd stroken met de behoeften op het terrein en het gebrek aan een specifiek, voldoende en transparant budget. Dit heeft belangrijke gevolgen voor de begeleiding en preventie, maar ook voor het optreden tegen geweld dat soms tegenstrijdig, nutteloos of zelfs gevaarlijk is voor de slachtoffers; gebrek aan opvang, kinderen betrokken in conflicten, geen toegang tot rechten, vooral voor de meest kwetsbare profielen.

Komende tot deze vaststellingen, doen de gespecialiseerde organisaties een beroep op de Belgische overheid om haar beloften na te komen door van de strijd tegen geweld tegen vrouwen een systematische prioriteit te maken. Dit, in het kader van een geïntegreerd beleid waarbij alle machtsniveaus betrokken worden en in nauwe samenwerking met hulpverleningsorganisaties en ervaringsdeskundigen om op die manier de werkwijzen  (incusief budget) ingrijpend te veranderen.

Omdat we niet langer zwijgend kunnen instemmen en omdat we dit niet langer kunnen toestaan, wordt er een nationale manifestatie georganiseerd op 25 november 2018.

Ter gelegenheid van de Internationale Dag tegen geweld tegen vrouwen worden overal ter wereld feministische manifestaties georganiseerd. In België roepen tientallen organisaties die dag op tot een nationaal evenement in Brussel in solidariteit met de internationale feministische beweging. Ter ondersteuning van de vaststellingen die verzameld werden in het alternatief rapport over de uitvoering van de Conventie van Istanbul, roept Mirabal de publieke autoriteiten op om het tij van bezuinigingsbeleid, racisme en seksisme te keren en om de nodige maatregelen te nemen om de autonomie en veiligheid van alle vrouwen, met of zonder papieren, met of zonder werk, ongeacht hun afkomst, leeftijd of seksuele oriëntatie te garanderen.

stopfeminicide@gmail.com

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