Appel 2019 – Oproep 2019

(Nederlandse versie onderaan)

Appel à une mobilisation massive pour une politique cohérente, volontariste et budgétisée contre les violences faites aux femmes

Manifestation nationale et Actions décentralisées avec une minute de bruit

Depuis début 2017, on compte en Belgique plus de 96 féminicides, dont au moins 18 depuis début 2019[1]. Pour ces trois dernières années, c’est, proportionnellement à la population, bien au-dessus de la moyenne d’autres pays européens. Et il ne s’agit là que de l’expression la plus extrême des différentes formes de violences que les femmes continuent à subir dans notre pays (physiques, sexuelles, économiques, psychologiques, institutionnelles, …). Plus d’un quart des femmes connaissent la terreur quotidienne imposée par leur (ex)compagnon. 98% rencontrent des agressions dans l’espace public. Sans compter le sexisme banalisé qui s’attaque aux droits de toutes les femmes.  Pourtant, il n’y a toujours aucun débat politique et aucune stratégie cohérente à la hauteur des enjeux pour lutter efficacement contre toutes les formes de violences faites à toutes les femmes ! Quel mépris !

L’état de la lutte contre les violences faites aux femmes en Belgique est déplorable !

En ratifiant la Convention d’Istanbul en 2016, les différents niveaux de pouvoir (fédéral, régional, communautaire et communal) s’étaient engagés à déployer des mesures coordonnées de prévention des violences, protection des victimes et poursuite des auteurs. Mais, en 2019, le rapport alternatif de la société civile sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul démontre à travers de nombreux constats de terrain que cette Convention reste très peu et mal concrétisée[2].

Il n’y a pas de véritable politique de prévention pour faire en sorte que les violences n’arrivent pas. Les victimes sont incitées à en parler mais rien n’est fait pour améliorer substantiellement leur accueil, leur sécurité et leur accompagnement. La reconnaissance des violences par les institutions (santé, police, justice, administrations, employeurs, …) est aléatoire. Le suivi et la responsabilisation des auteurs restent minimes. Sur le terrain, les associations féministes et services spécialisés doivent se débrouiller avec des moyens dérisoires et des financements précaires. La survie même de plusieurs organisations actives dans la lutte contre les violences est d’ailleurs en ce moment mise en péril par une récente restriction de subsides fédéraux et de sérieuses menaces sur la pérennité des subsides de la région flamande[3].

Dans les mois à venir, le dernier plan quinquennal de lutte contre les violences (PAN 2020-2024) doit être élaboré et adopté à tous les niveaux de pouvoir. Jusqu’ici, malgré l’existence d’un Plan d’Action National, la coordination des pouvoirs publics dans la lutte contre les violences est au point mort. Chaque niveau de pouvoir intervient comme bon lui semble, ce qui  ne permet que l’éventuel aboutissement de mesures partielles, disparates et parfois même contradictoires. De plus, les PAN ne sont pas budgétisés, ils ne comportent pas d’objectifs chiffrés de réduction des violences et la plupart des mesures sont du ressort de Ministères aux marges de manœuvre limitées, comme l’Egalité des chances. Jusqu’ici donc, les résultats concrets des PAN restent scandaleusement décevants.

Des solutions existent : il suffit de les mettre en œuvre !

Il s’agit cette fois de ne pas louper le coche, en s’appuyant sur les recommandations concrètes (plus de 200 !) avancées par les organisations de terrain dans leur rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul. Mais cela implique une rupture profonde avec les politiques actuelles puisque, pour concrétiser une lutte efficace contre toutes les formes de violences faites à toutes les femmes, il est indispensable

  • d’investir un budget public conséquent : les violences représentent déjà un coût énorme pour la société[4] qui reste pourtant incapable de les combattre efficacement. Un budget spécifique, articulé à une politique cohérente, permettrait une utilisation plus rationnelle et efficace de ces fonds, notamment en appuyant les associations et services de terrain
  • de privilégier la prévention à la répression: la répression n’intervient (quand elle intervient !) que quand le mal est déjà fait. Nous voulons avant tout éviter que les violences se produisent. Cela implique une politique globale et coordonnée de prévention primaire dans tous les domaines (enseignement, médias, formation continue, emploi, service sociaux et de santé, police, justice, administrations publiques, …)
  • de garantir le droit à la sécurité pour toutes les femmes sans basculer dans le sécuritaire : les violences faites aux femmes doivent être prises en compte dans leur complexité à chaque étape de la prise en charge des victimes (police, justice, accompagnement, …) pour en finir avec l’impunité. Les mesures de protection contre la récidive doivent être efficaces et les auteurs doivent être amenés à assumer durablement les conséquences de leurs actes. Les victimes doivent obtenir les moyens de reprendre du pouvoir sur leur vie dans leur parcours de reconstruction (santé physique et mentale, emploi, mobilité, revenus, enfants, …)
  • de battre en brèche toute tentative de stigmatisation d’une partie de la population pour en immuniser une autre. Nous sommes tou-te-s concerné-e-s par les violences faites aux femmes. Nous refusons que les droits des femmes soient instrumentalisés au profit de politiques qui s’alimentent de nos peurs pour continuer à démanteler nos droits fondamentaux.

Imposer un changement de cap

Depuis quelques années, partout dans le monde –et en Belgique aussi- les femmes qui dénoncent les violences machistes rencontrent un écho médiatique. La société dans son ensemble prend conscience de l’ampleur de ces réalités. Mais, pour que cette prise de conscience se transforme en changements concrets et en réelles avancées, encore faut-il que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités. Et ça n’arrivera pas tout seul ! C’est quand la colère s’exprime et s’organise largement que la lutte contre les violences faites aux femmes s’impose aux agendas des gouvernements. Ici aussi, nous pouvons rendre ce changement de cap incontournable !

Les associations féministes et les services spécialisés, soutenus par une centaine d’organisations de la société civile à travers la Plateforme Mirabal[5], appellent donc les femmes et les hommes indigné-e-s par cette situation à se mobiliser massivement de deux manières :

Le 24/11/19 : Manifestation nationale à Bruxelles

Pour la 3e année consécutive, une manifestation nationale contre les violences faites aux femmes est organisée ce dimanche 24 novembre à Bruxelles. Départ au carrefour de l’Europe (gare centrale) à 14h. L’événement sur facebook

Le 25/11/19 : Actions décentralisées et une minute de bruit contre les violences

A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, plusieurs actions sont prévues dans différentes villes du pays. Montrons collectivement notre colère  avec une minute de bruit contre l’invisibilisation des violences. A 12h pile, faites du bruit partout où vous le souhaitez : dans votre voiture, à votre travail, dans la rue avec un groupe, à vous de décider! 

[1] Selon l’Institut Européen pour l’Egalité de Genre, la Belgique est l’un des 6 pays d’Europe qui ne fournit aucune donnée officielle sur les féminicides (European Institute for Gender Equality, Gender-based violence. Understanding intimate partner violence in the EU: the role of data, juin 2019) alors qu’il s’agit pourtant de l’une des obligations de la Convention d’Istanbul ratifiée en 2016. Dans ce contexte, les associations féministes ne peuvent se baser que sur ce qui ressort dans la presse, ce qu’elles font depuis 2017 à travers stopfeminicide.blogspot.be. En 2017, les associations féministes Elles ont ainsi relevé 41 féminicides en 2017, 37 en 2018 et 18 depuis le 1er janvier 2019. En 2019, ce chiffre diminue étrangement de moitié pour des raisons qu’il est difficile d’expliquer faute de moyens d’investigation mais reste néanmoins préoccupant en comparaison avec d’autres pays européens.

[2] Ce rapport alternatif est disponible en intégralité via ce lien.  Cf le résumé des constats et recommandations.

[3] Lire à ce propos la carte blanche de 78 organisations flamandes dans De Morgen du 4 septembre 2019 ici.

[4] Parce qu’elles impliquent des frais administratifs, de santé, de justice, qu’elles mettent les femmes victimes en incapacité de réaliser leur travail rémunéré ou non et qu’elles ont un impact durable sur leur entourage, en particulier les enfants, le coût des violences faites aux femmes représentent 2% du PIB mondial selon une estimation d’ONU Femmes. Evidemment, aucun chiffre n’existe pour la Belgique mais cette proportion correspondrait ici à 9 milliards d’euros.

[5] Liste des signataires disponible que mirabalbelgium.org ici.

 

Oproep tot massale mobilisatie voor een coherent, proactief en gebudgetteerd beleid tegen geweld op vrouwen

Nationale manifestatie en lokale acties met een minuut lawaai

Sinds begin 2017 werden er in België 96 vrouwen vermoord waarvan minstens 18 sinds begin 2019[1]. Dit is in verhouding tot de bevolking veel hoger dan het gemiddelde in andere Europese landen. Dit gaat dan enkel nog maar om de meest extreme vorm van geweld op vrouwen in ons land naast de talrijke andere vormen  (fysiek, seksueel, economisch, psychologisch, institutioneel, … geweld). Meer dan een vierde van de vrouwen wordt dagelijks geterroriseerd door de (ex)-partner. 98% is het slachtoffer van agressie in de openbare ruimte. Dan hebben we het nog niet over het algemene seksisme dat de vrouwenrechten onderuithaalt. Een politiek debat en een coherente strategie om alle vormen van geweld op vrouwen efficiënt aan te pakken ontbreken nog steeds! Wat een minachting !

De stand van zaken in de strijd tegen geweld op vrouwen is triest !

Door het Verdrag van Istanbul in 2016 te ondertekenen verbonden de verschillende beleidsniveaus (federale overheid, gewesten, gemeenschappen en gemeentes) er zich toe gecoördineerde maatregelen te treffen om geweld te voorkomen, de slachtoffers te beschermen en de daders te vervolgen.  In  2019 blijkt uit het alternatieve rapport van het middenveld over de uitvoering van het Verdrag van Istanbul op basis van talrijke vaststellingen op het terrein dat dit Verdrag nauwelijks in de praktijk wordt omgezet[2].

Er bestaat niet echt een preventiebeleid om geweld te voorkomen.  Slachtoffers worden aangespoord aangifte te doen, maar er wordt niets ondernomen om hun opvang,  veiligheid en  begeleiding substantieel te verbeteren. De erkenning van het geweld door de instellingen (volksgezondheid, politie, gerecht, overheid, werkgevers, …) gebeurt willekeurig. Van opvolging en responsabilisering van de daders  is nauwelijks sprake. Vrouwenorganisaties en gespecialiseerde diensten moeten zich op het terrein weten te behelpen met belachelijk weingi middelen en precaire financiering. Heel wat organisaties die geweld bestrijden staat het water aan de lippen omdat er recent werd gesnoeid in de federale subsidies en het voortbestaan van de subsidies van het Vlaamse Gewest op de helling komt te staan[3].

In de komende maanden moet het jongste vijfjarenplan in de strijd tegen armoede (NAP 2020-2024) worden opgesteld en goedgekeurd op alle beleidsniveaus. Ondanks het Nationaal Actieplan blijft de coördinatie van de overheid in de strijd tegen geweld ondermaats. Elk beleidsniveau handelt naar eigen goeddunken wat leidt tot halfslachtige, versnipperde en soms zelfs tegenstrijdige maatregelen. Bovendien zijn de NAP niet begroot en bevatten ze geen streefcijfers om het geweld terug te dringen.  De meeste maatregelen vallen onder de bevoegdheid van overheidsdiensten  die over weinig speelruimte beschikken zoals Gelijke Kansen. Tot nu toe blijven de concrete resultaten van de NAP zeer teleurstellend.

Er bestaan oplossingen : ze hoeven enkel worden toegepast !

Om de boot niet te missen moeten we ons baseren op de concrete aanbevelingen (meer dan 200 !) van organisaties op het terrein in het alternatieve rapport over de uitvoering van het Verdrag van Istanbul. Dit impliceert een trendbreuk met het huidige beleid. Om de strijd tegen alle vormen van geweld op vrouwen efficiënt aan te pakken :

  • moeten er voldoende overheidsmiddelen worden vrijgemaakt: geweld betekent sowieso een enorme kost voor de samenleving[4] die er niet in slaagt het doeltreffend aan te pakken. Met een specifiek budget gekoppeld aan een coherent beleid kunnen deze middelen rationeler en doeltreffender worden ingezet, door o.a. verenigingen en diensten op het terrein te ondersteunen;
  • moet voorrang worden verleend aan preventie boven repressie: repressie volgt slechts (als ze al volgt!) wanneer het kwaad is geschied. We willen vooral geweld voorkomen. Dit impliceert een globaal en gecoördineerd primair preventiebeleid op alle gebieden (onderwijs, media, bijscholing, werkgelegenheid, sociale en gezondheidsdiensten, politie, gerecht, overheidsinstellingen, …);
  • moet het recht op veiligheid voor alle vrouwen worden gewaarborgd zonder te vervallen in het securitaire : geweld op vrouwen moet in al zijn facetten worden bekeken in elke etappe van de begeleiding van het slachtoffer (politie, gerecht, begeleiding, …) om een einde te maken aan de straffeloosheid. Maatregelen ter preventie van recidive moeten doeltreffend zijn. Daders moeten de gevolgen van hun daden dragen. Slachtoffers moeten de middelen krijgen om de draad weer op te nemen (fysieke en geestelijke gezondheid, werkgelegenheid, mobiliteit, inkomen, kinderen, …);
  • moet elke poging tot stigmatisering van een deel van de bevolking om een ander deel uit de wind te zetten in de kiem worden gesmoord. Geweld op vrouwen gaat ieder van ons aan. We weigeren vrouwenrechten in te zetten als instrument voor een beleid dat zich voedt met angst om onze basisrechten af te bouwen.

Een koerswijziging is nodig

Sinds enkele jaren krijgen vrouwen die seksistisch geweld aanklagen overal ter wereld – ook in België – een stem in de media. De samenleving wordt zich bewust van de omvang van het probleem. Om concrete veranderingen en reële vooruitgang te bereiken moet de overheid haar verantwoordelijkheid opnemen. Dat gebeurt niet zonder slag of stoot. Pas wanneer er proteststemmen opgaan en er een protestbeweging op gang komt, dan komt het geweld op vrouwen op de politieke agenda terecht. Ook hier kunnen we zorgen voor een koerswijziging!

De vrouwenorganisaties en de gespecialiseerde diensten met de steun van een honderdtal middenveldorganisaties verenigd in het platform Mirabal[5] roepen vrouwen en mannen die verontwaardigd zijn over deze situatie op tot massale mobilisatie op twee manieren:

Op 24/11/19 : nationale manifestatie in Brussel

Voor het derde jaar op rij vindt er een nationale manifestatie plaats tegen het geweld op vrouwen op zondag 24 november in Brussel. Vertrek aan het Europakruispunt (station Brussel-Centraal) om 14u. Info en mobilisatiemateriaal op mirabalbelgium.org. Event fb : https://www.facebook.com/events/2401380906575559/

Op 25/11/19 : lokale acties en een minuut lawaai tegen geweld

Naar aanleiding van de internationale dag tegen geweld op vrouwen vinden er tal van acties plaats in verschillende steden. Samen tonen we onze woede door een minuut lawaai te maken tegen onzichtbaar geweld. Maak stipt om 12 u. lawaai waar je maar wil : in de auto, op het werk, samen op straat, jij beslist waar !  Info en mobilisatiemateriaal op mirabalbelgium.org.

[1] Volgens het Europees Instituut voor gendergelijkheid is België een van de zes Europese landen die geen officiële gegevens verstrekken over vrouwenmoorden (European Institute for Gender Equality, Gender-based violence. Understanding intimate partner violence in the EU: the role of data, juni 2019). Dit is nochtans een van de verplichtingen van het Verdrag van Istanbul dat geratificeerd werd in  2016. Vrouwenorganisaties kunnen zich dus enkel baseren op wat in de pers verschijnt. Dit doen ze sinds 2017 via stopfeminicide.blogspot.be. Ze registreerden  41 vrouwenmoorden in 2017, 37 in 2018 en 18 sinds 1 januari 2019. In  2019 is het cijfer vreemd genoeg gehalveerd. De oorzaken zijn moeilijk te achterhalen bij gebrek aan onderzoeksmiddelen. Het cijfer blijft echter verontrustend hoog in vergelijking met andere Europese landen. Cf. bijlage  1 voor meer details.

[2] Het volledige alternatieve rapport (in het Frans) is beschikbaar via deze link: http://stopfeminicide.blogspot.com/2019/05/rapport-alternatif-sur-la-mise-en.html. Cf. bijlage  2 voor een samenvatting van de vaststellingen en aanbevelingen.

[3] Klik hier voor de open brief van 78 Vlaamse organisaties in De Morgen van 4 september 2019.

[4] Het leidt tot kosten op het vlak van administratie, gezondheidszorg, gerecht. De slachtoffers zijn arbeidsongeschikt. Het heeft een blijvende impact op de omgeving, in het bijzonder de kinderen. De kostprijs van geweld op vrouwen bedraagt 2% van het mondiale bbp volgens schattingen van de VN-Vrouwenraad. Er bestaan geen cijfers voor België, maar dit zou overeenkomen met 9 miljard euro.

[5] De lijst van ondertekenaars is beschikbaar op mirabalbelgium.org. Klik hier.

 

 

 

 

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :